Chemin Paysager : avec LBE autour de l’ancienne voie ferrée

 

Le problème des éoliennes de Gignac étant maintenant réglé, le CA de LBE a souhaité consacrer une année entière à un projet qui lui tient à cœur depuis bien longtemps : valoriser le patrimoine que constitue le tracé de l’ancienne voie de chemin de fer d’intérêt local.

En 2007, notre ami Jean-Pierre Ferrand avait réuni un grand nombre de personnes lors de sa conférence sur l’histoire des chemins de fer d’intérêt local dans l’Hérault en général, et sur la ligne passant par La Boissière en particulier (voir paragraphe « un peu d’histoire »), montrant l’intérêt partagé pour « le petit train du Coulazou ». Car cette voie qui traverse notre commune du sud vers le nord a laissé de nombreuses traces sur le territoire : ancienne gare, 7 ponts dont le très élégant pont des cavaliers (ci-dessous en photo), des remblais et tranchées en pleine garrigue, au milieu des vignes et dans le village.

Le chemin de « L’intérêt local » constitue donc un important marqueur du paysage. Il comporte aussi un intérêt culturel et patrimonial, comme témoin d’anciennes activités industrielles (exploitation de bauxite). Certains ouvrages commencent à souffrir sérieusement des outrages du temps, et si aucune action n’est entreprise à moyen terme, ce patrimoine risque de disparaître car sa détérioration deviendra irréversible.

Par les milieux naturels qu’elle traverse sur la commune (mosaïque de paysages ; vigne, garrigue, champs) et qu’elle constitue en elle-même (talus avec haies vives) l’ancienne voie de chemin de fer d’intérêt local comporte également un véritable intérêt écologique.

Les chemins de fer d’intérêt local ….un peu d’histoire. Pour répondre aux besoins en transport des personnes, du vin et des produits nécessaires à la viticulture des liaisons ferroviaires ont été établies entre les lieux de production vinicole et les gares d’échange à la fin du 19ème siècle. La ligne passant par La Boissière reliait Montpellier-Chaptal à Rabieux (lieu-dit de la commune de Ceyras) sur 46 km. Ouverte en 1894, elle a été fermée à l’exploitation en 1951 et les rails déposés en 1953.

Comment conserver et valoriser ce patrimoine ?

Des étudiants en Master d’aménagement du territoire avaient planché sur ce sujet en 2013, en réalisant une étude sur le patrimoine ferroviaire du Cœur d’Hérault ; dans leurs conclusions, ils proposaient notamment de faire du tronçon St-Paul-et-Valmalle, La Boissière, Aniane une Voie Verte et douce c‘est à dire réservée à la circulation des véhicules non motorisés, des piétons et des cavaliers. Outre l’aspect récréatif (certains tronçons pourraient être dédiés aux cyclistes, rollers, joggeurs, personnes à mobilité réduite, en plus des promeneurs), cette voie douce pourrait relier des pôles d’habitations de notre commune (voie sécurisée pour les écoliers se rendant en vélo au centre village…).

Notre ancienne voie de chemin de fer présente encore d’autres atouts ! De par son intérêt écologique et patrimonial, ce chemin pourrait devenir un espace culturel (chemin de Compostelle, ancienne draille, ancienne voie romaine à proximité), pédagogique (petit patrimoine bâti), et pourquoi pas se prolonger jusqu’au grand site du pont du Diable, et constituer un atout touristique en valorisant les territoires traversés. Face à ce constat, LBE se propose de vous rencontrer tout au long de l’année au cours de différentes manifestations, pour échanger sur ce qui n’est aujourd’hui qu’un projet, et commencer à le faire vivre.

Légende ici

Afin de nous aider à questionner l’avenir du chemin de l’ancienne voie ferrée et ses potentialités mais aussi à mieux comprendre les problématiques des territoires, nous avons sollicité La Manufacture des Paysages, association initialement basée à Villeneuvette (d’où le nom) et aujourd’hui à Octon. Son nom complet « Penser le patrimoine et les territoires de demain » illustre bien son objet : associer les habitants et tous les acteurs du territoire à la réflexion sur son devenir. Elle comporte une équipe pluridisciplinaire, avec des compétences en architecture, environnement et communication. Elle organise régulièrement des moments d’échange et d’information sous forme de rencontres, débats et expositions et a mené de nombreuses études sur le cœur d’Hérault.

Sur les talus de l’ancienne voie ferrée, les haies présentent en plusieurs endroits un intérêt écologique particulier : stabilisation des talus, réservoir de biodiversité (plantes), sites d’alimentation et de reproduction, refuge pour la faune sauvage (insectes, batraciens, oiseaux, mammifères). Les nombreux arbres et arbrisseaux à fruits sauvages ont aussi attiré notre attention de cueilleurs (cornouillers mâles, pommiers sauvages, poiriers à feuilles d’amandier, prunelliers, cerisiers de Ste Lucie, sureaux, aubépines). Nous avons donc fait appel à l’association Paysarbres (dont l’objet est d’ « Œuvrer ensemble à la sauvegarde et à l’installation d’écosystèmes nourriciers ») pour nous aider à enrichir ces haies de beaux et gros fruits comestibles en y pratiquant des greffes sur fruitiers sauvages.

 

 

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