Pollution lumineuse

En quoi l’éclairage artificiel peut-il être nuisible ?

pollution lumineuseEn France, l’éclairage public s’est développé de façon exponentielle depuis 30 ans non sans conséquences. Ce sont les astronomes et astrophysiciens qui ont les premiers alerté l’opinion publique et les décideurs sur ce qui est aujourd’hui appelé « pollution lumineuse », car les halos les empêchent d’observer les objets célestes. Dans les grandes villes du monde,  près de 97 % des étoiles ne sont plus visibles. L’ONU a d’ailleurs accordé au ciel étoilé une valeur particulière, comme patrimoine commun de l’humanité. Car le ciel étoilé est notre seule fenêtre sur l’univers et nous sommes en train de la masquer…

S’il n’y avait que le problème de voile nocturne, le terme de pollution lumineuse pourrait paraître excessif. Mais l’excès d’éclairage ou le mauvais éclairage (lampes éclairant le ciel, lumières aveuglantes,…) a bien d’autres conséquences néfastes, notamment sur la faune sauvage.

Les espèces qui réalisent des activités particulières de leur cycle biologique la nuit, comme la migration ou la reproduction, peuvent être désorientées par la lumière ce qui accroît les risques de mortalité. Les oiseaux migrateurs (dont 2/3 se déplacent de nuit) et les tortues marines sont les plus touchés. D’autre part, pour les animaux nocturnes, trop d’éclairage ou un mauvais éclairage peut les piéger, créer des barrières infranchissables, perturber leur reproduction ou les relations prédateur-proie, … Les plus touchés sont les chauves-souris et les insectes. Pour ces derniers, un scientifique allemand, Eisenbeis, parle d’«effet aspirateur» pour illustrer le fait que ces éclairages agissent en aspirant (attirant puis tuant) en quelque sorte les insectes situés entre 400 et 700 m autour d’une lampe ; cela prive les écosystèmes de nombreux insectes nocturnes pollinisateurs ou prédateurs de parasites et donc très utiles.

pollution-lumineuseLa pollution lumineuse a également des conséquences sur le porte-monnaie, car les excès d’éclairage artificiel entraînent un vrai gaspillage énergétique. En France, la puissance installée totale pour l’éclairage public représente environ 1300 MW, soit une tranche d’un réacteur nucléaire récent. Au niveau des communes, la consommation pour  l’éclairage public représente en moyenne 48% de la facture d’électricité.

Conscients de tous ces impacts, les pouvoirs publics ont récemment pris en compte ce problème dans la législation (lois de Grenelle) en  instaurant un principe de prévention, réduction et limitation des nuisances lumineuses (nouveaux articles L.583-1 et suivants du code de l’environnement).

Des solutions existent pour préserver l’environnement nocturne sans pour cela renoncer à l’éclairage. L’observatoire d’Aniane est la preuve de la qualité de notre ciel nocturne….si l’on ne se tourne pas vers Montpellier!

Nous bénéficions d’un environnement naturel remarquable et la nature a besoin de l’obscurité ; laissons-la lui dans la mesure du possible.

 

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