Participer à la sauvegarde du patrimoine fruitier local

……..avec l’association PAYSARBRE

Paysarbre, l’association de Lodève qui nous accompagne pour la greffe sur fruitiers sauvages mène une action pour sauvegarder les variétés locales de fruitiers. Quels sont les enjeux ? Que peut-on faire ? Quelques réponses… Pourquoi parle-t-on de patrimoine fruitier ?
Pendant longtemps, chaque région agricole (c’est-à-dire territoire avec conditions particulières d’ensoleillement, de température, de nature du terrain,..) possédait des variétés locales de fruitiers bien adaptées au milieu ; ces variétés ont souvent été sélectionnées pour un usage ou un besoin particulier (séchage des fruits, variété à jus, variété précoce, …). Il y avait donc, même à l’échelle d’une petite région, une grande diversité de fruits. Les paysans se les échangeaient par greffe ; il n’y avait pas de pépinières et peu de vergers organisés. Les pommiers, poiriers, cerisiers et autres figuiers étaient dispersés, de ça de là, près des maisons, dans un pré, en bordure du chemin d’accès à la maison,…

Pourquoi ces variétés sont-elles menacées aujourd’hui ?

Avec le développement de l’agriculture moderne, seules quelques variétés ont été conservées, la productivité des fruitiers, l’esthétique ou l’aptitude au transport des fruits ayant été privilégiés aux dépens des autres caractéristiques (rusticité et authenticité, notamment). Et en quelques générations seulement de nombreuses variétés locales dispersées se sont perdues. Il faut agir rapidement.

Pourquoi faut-il conserver toutes ces variétés locales ?

Il s’agit de biodiversité, et chaque variété représente un patrimoine génétique irremplaçable. Nous en aurons peut-être besoin pour faire face au changement climatique car les variétés locales rustiques sont adaptées à la sécheresse ; elles résistent mieux aux maladies et aux parasites et nécessitent moins d’apports extérieurs (conduite en agriculture biologique plus facile). Elles concourent aussi à la diversité des goûts et des usages. En apprenant à les accommoder en cuisine on découvre des saveurs et le plaisir du fait maison de nos anciens.

Alors que peut-on faire pour conserver ce patrimoine ?

Si vous connaissez de vieux arbres fruitiers contactez Paysarbre (directement ou par le biais de LBE) qui recense ces fruitiers et les sauvegarde par greffage en pépinière, avec le projet de développer par la suite un verger conservatoire local. A partir des arbres recensés, Paysarbre établit aussi des fiches descriptives comprenant le nom de la variété, les caractéristiques des fruits, les usages locaux,…puis les compare avec des variétés déjà décrites (travail de pomologie, branche de l’arboriculture fruitière qui traite de la connaissance des fruits). Une cartographie des arbres recensés est faite, comportant l’âge des arbres, l’historique du verger, etc. Acheter chez le paysan producteur, ou sur les marchés de plein vent, des fruits de saison produits localement ou des produits dérivés (jus de fruit, pâtes de fruits, fruits secs,..) est une autre façon de participer à la conservation du patrimoine fruitier local. Ces fruits gorgés de soleil et de vitamine ont un goût incomparable et sont bons pour la santé ; mais cueillis à maturité (évolution physiologique non interrompue par une conservation en chambre froide) ils doivent être consommés rapidement et donc vendus localement. Cette vente de proximité permet de réduire les nuisances liées au transport et à l’emballage et de relocaliser l’économie. C’est tout bénéfice !

Un chemin fruitier sur les talus de l’ancienne voie ferrée

Les talus plus ou moins boisés de l’ancienne voie ferrée de notre commune possèdent de nombreux intérêts écologiques : ce sont des réservoirs de plantes variées, des refuges pour la faune sauvage, mais on y trouve aussi de nombreux fruitiers sauvages comme les poiriers à feuilles d’amandier, amélanchiers, prunelliers, cerisiers Ste Lucie, aubépines. Ce sont ces fruitiers sauvages que nous avons greffés avec l’aide de l’association Paysarbre afin de constituer un chemin fruitier.

La greffe, qui consiste à souder un morceau de branche avec bourgeons appelé un greffon dans les tissus d’un végétal ou porte greffe (pour nous les fruitiers sauvages), permet d’obtenir rapidement de bons fruits sélectionnés à partir des greffons. Les anciens étaient coutumiers de ce savoir-faire ; ils savaient que les fruitiers sauvages ayant poussé naturellement résistent bien aux sols calcaires, aux sècheresses d’été, aux maladies et ravageurs. Depuis mars 2015, début de ce projet, nous avons eu cinq rencontres, dont quatre avec Paysabre, qui nous a accompagné depuis la formation théorique en salle (une matinée) jusqu’à la pratique des greffes (3 demi-journées) mais aussi une demi-journée sur la taille de formation des fruitiers greffés au printemps 2015.

Côté « technique », nous avons pu expérimenter les greffes à œil dormant et plus récemment sur des arbres en période de végétation, les greffes en fente simple ou double, à l’anglaise simple ou compliquée, en couronne. Et les résultats sont là !! La quasi-totalité de nos greffons ont pris, les arbres greffés en 2015 sont déjà de beaux sujets (voir photo ci-contre) et nous aurons sans doute des fruits dès cet été. D’ici quelques années ces fruitiers deviendront, nous l’espérons, de beaux arbres nourriciers, pourvu qu’on le laisse grandir.

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